Des institutions internationales à l’action locale. A quelles échelles le développement durable est-il efficace ? Le cas des équipements structurants dans le bassin versant du fleuve Sénégal.
Les modèles de développement classiques sont porteurs de plusieurs problèmes parmi les quels les phénomènes d’inégalités ou de justice environnementale s’avèrent être les plus déterminants. Ils sont observés sur toutes les échelles territoriales partant du global au local. Face donc à ces impasses, le développement durable peut-il être considéré comme une alternative ? Comment peut-il résoudre les écueils de la justice environnementale ? De cette question découle une autre qui est celle des relations qui existent ou qui peuvent exister entre les concepts de développement durable et de justice environnementale. Ainsi, cette recherche
porte sur l’analyse des liens entre ces deux concepts à l’interface de la mondialisation et du développement local. Elle tente de défendre l’hypothèse selon laquelle la justice environnementale est la pierre angulaire pour explorer la capacité innovatrice du développement durable. Pour y parvenir, elle étudie les stratégies des acteurs qui interviennent dans la gouvernance du développement durable sur trois échelles territoriales spécifiques : globale, régionale et locale. Les travaux de terrain s’articulent autour de deux axes de réflexion : d’une part, ils portent sur l’étude du développement durable au travers de l’analyse sur les plans économique, social, institutionnel et environnemental des politiques de développement et des grands aménagements hydro-agricoles effectués à l’échelle régionale dans le bassin du fleuve Sénégal (Sénégal, Mali, Mauritanie et Guinée), puis à l’échelle locale dans l’espace territoriale situé le long de la rive gauche du fleuve. D’autre part, ils tentent d’étudier ou de comprendre comment les politiques internationales de développement et particulièrement de gestion environnementale pilotées et conceptualisées par les grandes instances internationales (Institutions des Nations-Unies, ONG internationales, Institutions financières internationales…) sont intégrées aux dispositifs de gestion ou de gouvernance établis aux niveaux régionale, nationale et locale et comment elles sont, au terme des différentes étapes
d’intégration, mises en application. D’une manière transversale à ces axes de recherche, apparaissent deux autres axes de réflexion : d’abord de nouveaux principes ou indicateurs relatifs au développement durable et à la justice environnementale tels que l’équité et la participation sont étudiés sur ces territoires afin de mieux comprendre les mécanismes ou le fonctionnement des modèles de développement véhiculés par les instances internationales sur les territoires des pays du Sud.
Ensuite, l’analyse des grandes conventions internationales environnementales depuis leur élaboration au travers de négociations internationales avec toutes les controverses qui en découlent (diversités des acteurs, différence voir opposition des enjeux et des intérêts des acteurs et des régions géographiques…) jusqu’à leur application avec les difficultés d’appropriation par les Etats du Sud des normes qui y sont élaborés et les conditionnalités de l’aide qui s’y rattachent.