Évolution récente du climat et de la végétation au Sénégal (cas du bassin versant du Ferlo)
Comprendre l’évolution et la variabilité récentes du climat dans les régions arides et semi-arides est une nécessité pour anticiper ce que pourraient en être les conséquences sur les milieux et sur les sociétés de ces régions, et ainsi définir des stratégies politiques d’adaptation durables. Pour répondre à cet objectif, nous avons articulé notre travail de recherche en trois parties. La première partie présente le cadre géographique par une description détaillée du milieu physique et des différents systèmes d’occupation du sol. Cette description met en évidence un écosystème fragile, sous forte pression due aux activités qui s’y pratiquent très
sensibles aux évolutions et variabilités climatiques et notamment à celles des précipitations. Elle résume également le cadre climatique moyen en mettant l’accent sur les mécanismes généraux de la circulation générale de l’Afrique de l’Ouest dont fait partie le domaine d’étude. L’analyse rappelle les conditions dynamiques moyennes globales du domaine climatique tropical qui, en relation avec les facteurs régionaux et locaux, déterminent les composantes moyennes du temps
dans le domaine d’étude et ses marges. La deuxième partie s’intéresse à l’analyse de la variabilité spatio-temporelle du climat durant la période 1951-2005 en mettant l’accent plus sur la pluviométrie que sur les autres paramètres climatiques (la température, l’évaporation, l’humidité relative et l’insolation). Elle
souligne d’abord les contraintes physiques et méthodologiques qui s’imposent à l’analyse statistique des paramètres et justifie aussi les modèles retenus pour l’exploitation des données. L’analyse des résultats de la pluviométrie montre une forte variabilité, mais également une quasi stationnarité de la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980, et depuis une hausse des volumes annuels précipités dans l’ensemble du domaine d’étude. Comparée à l’évolution d’autres paramètres climatiques (insolation, températures, évaporation et humidité relative), le milieu des années 1980 et le début des années 1990 apparaît comme une période de «rupture» de tendance justifiant l’interrogation sur la persistance ou non de la tendance sèche du climat sahélien dans sa globalité.