Gouvernement des entreprises en Afrique : importation ou hybridation des modèles occidentaux ? Analyse des pratiques au Sénégal
Depuis ces deux dernières décennies nous assistons à l’accélération de la globalisation de l’économie avec une libre circulation des capitaux, des biens et des personnes, de forts transferts de technologie, de compétences et de pratiques de gestion des entreprises au niveau planétaire. Cette mondialisation des marchés et de l’économie aussi fulgurante soit-elle a eu comme corollaire l’éclatement dans nombre de pays des scandales et crises financiers. Les économistes et gestionnaires ont analysé ces scandales comme le résultat de la faiblesse et de l’échec des systèmes de gouvernement d’entreprise de ces pays. Ainsi, nombre de chercheurs, de praticiens et de législateurs dans la plupart de ces pays et surtout dans les pays occidentaux ont publié des études et des rapports mais aussi préconisé des codes de bonne conduite sur les bonnes pratiques de gouvernement d’ entreprise (OCDE, 1999 ; Viénot, 1995 et 1999 ; Cadbury, 1992 et 1995). Ces principes de gouvernement des entreprises ont généralement pour nom : la transparence de l’information par l’obligation de publication des comptes de l’entreprise sous la supervision de comités spécialisés, la responsabilité sociale des dirigeants et le traitement équitable des actionnaires. De tels principes, présentés comme étant les meilleurs, visent à améliorer l’efficience et la
performance des entreprises qui les ont adoptés.