L’assistance médicale à l’accouchement au Sénégal
La mortalité maternelle est considérée depuis quelques années comme un problème de santé publique au Sénégal ; ce qui a engendré pendant ces dernières décennies, un ensemble d’actions parfois pertinentes, mais dont la mise en oeuvre est très souvent discutée, comme c’est le cas dans de nombreux pays africains. En 2010, le ratio de mortalité maternelle du pays est estimé à 392 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes selon le rapport de l’enquête démographique et de santé (EDS). Ce niveau reste élevé en dépit d’une hausse considérable du recours à l’assistance à l’accouchement. L’assistance médicale à l’accouchement qualifiée, définie comme « le processus par lequel une femme reçoit des soins adéquats durant le travail, l’accouchement et le post-partum précoce », est apparue dans plusieurs études comme un déterminant-clé dans le processus de réduction de la mortalité maternelle. Deux conclusions principales sont obtenues à partir de nos analyses. D’une part, la très forte hausse du recours à l’assistance médicale à l’accouchement observée au cours de la première décennie des années 2000 a été sanctionnée par une baisse régulière, mais modérée, de la mortalité maternelle. D’autre part, cette faible baisse s’explique par une offre d’assistance médicale à l’accouchement excessivement centrée sur des sages-femmes dont les qualifications sont hétérogènes et trop souvent limitées. Elle s’explique aussi par des infrastructures encore trop peu adaptées à la gestion des urgences obstétricales. En effet, malgré tous les progrès accomplis dans ce domaine, il reste encore une marge importante pour poursuivre l’accès à un accouchement assisté. C’est en particulier le cas dans les campagnes, chez les femmes les plus jeunes, celles qui ont reçu une faible instruction et qui dépendent exagérément de leurs conjoints. De ce fait, il serait intéressant de mener des politiques de sensibilisation du côté des hommes. Au final, les enjeux futurs de l’assistance médicale à l’accouchement au Sénégal continuent à combiner des problèmes d’offre et des problèmes de demande malgré les progrès accomplis dans ce
domaine.