La migration des sénégalais qualifiés en France: entre transnationalisme et construction diasporique
Les migrations internes et internationales se sont développées ces dernières décennies. De ce fait, le phénomène migratoire est de plus en plus considéré comme une caractéristique des sociétés contemporaines. En effet, la construction d’une économie de marché à l’échelle planétaire et l’intensification des échanges ont produit une circulation plus dense, des biens, des informations, des idées et des personnes. L’importance des travaux sur les migrations, en témoigne. Sow et Canut ont souligné la fréquence rapide du renouvellement des pratiques migratoires ainsi que leur complexité. (Canut et Sow, 2014 :10) Dans son essor, le fait migratoire a pris des formes plurielles et des configurations nouvelles, qui ont autorisé une diversité des problématiques et des perspectives analytiques et donné lieu à une abondante littérature. Les études sur les migrants qualifiés sont un thème plutôt nouveau qui a émergé dans les années 1960. Or, d’une certaine façon, « (…) la mobilité des scientifiques et des savants présente une telle permanence à travers les âges, que le phénomène revêt un caractère socio-anthropologique que l’on peut qualifier d’universel» (Gaillard et Gaillard, 1998). « Cette logique cosmopolite académique à vocation universelle » a de tout temps facilité une mobilité et une circulation
internationale des personnes qualifiées1.