Information et Coordination dans les Filières Maraîchères au Sénégal
Les produits horticoles posent de façon particulièrement aiguë le problème d’instabilité de marché, du fait de leur forte saisonnalité et de leur périssabilité. Au Sénégal, ces cultures horticoles ont connu une forte croissance du fait d’une urbanisation galopante, de la dévaluation du franc CFA et de la crise du riz dans la vallée du fleuve. Plusieurs types de dispositifs visant à améliorer la circulation de l’information et la transparence des marchés de produits horticoles ont été mis en place: CDH puis Direction de l’Horticulture; le PAEP pour l’oignon et la pomme de terre dans les Niayes; ISRA/PSI puis SAED au niveau de la Vallée du Fleuve Sénégal puis dernièrement MANOBI. Notre étude a pour objectif de montrer dans quelle mesure une meilleure circulation de l’information réduirait l’incertitude dans les échanges de produits maraîchers. C’est ainsi que des enquêtes ont été menées au niveau de trois marchés de collecte (Mboro, Potou et Thillé Boubacar) et de trois marchés de gros de Dakar (Thiaroye, Dalifort et Castors). L’analyse de ces différents marchés a montré que les acteurs adoptaient divers modes de coordination pour réduire les coûts de transaction. C’est ainsi que la présence du coxer dans le circuit peut être interprétée comme une solution à un asymétrie informationnelle. Ces coxers sont les principaux fournisseurs d’information aux maraîchers. Ils sont de ce fait des systèmes d’information. L’enquête auprès des maraîchers des marchés de collecte ainsi que des abonnés aux services de Manobi a montré que la diffusion de l’information par radio a eu que peu d’impact alors qu’il y a une modification des rapports entre producteurs et collecteurs concernant les utilisateurs des services Manobi. Elle révèle aussi que ces derniers sont surtout présents dans des zones où les rapports entre producteurs et collecteurs sont directs alors que là où on note la présence des coxers les résultats sont plutôt mitigés.