Le travail agricole rural en milieux Wolofs et Sérères du Sénégal de 1819 à 1960
Cette étude a pour objectif spécifique d’analyser le passage des milieux wolof et sérère de l’agriculture d’autosubsistance à l’agriculture marchande. Par ailleurs, elle vise à combler, dans un cadre plus général, le vide que constitue l’absence de travaux sur l’histoire du travail agricole dans l’historiographie sénégalaise. Les milieux wolofs et sérères regroupent les anciens de royaumes du Djolof, du Walo, du Cayor, du Baol, du Sine et du Saloum. Wolofs et Sérères réunis dépassent largement la moitié de la population sénégalaise mais ils cohabitent avec d’autres ethnies minoritaires (Peul, Diola, Toucouleur, Sarakolé, etc.). Les résultats de ce travail proviennent du croisement des informations livrées par les sources archivistiques, bibliographiques et orales et se présentent autour de deux grandes parties légèrement inégales et comportant chacune deux chapitres.
La première partie s’intéresse au processus d’intégration de l’économie arachidière en milieux wolofs et sérères : 1819-1929 et la seconde analyse les conditions des paysans wolofs et serères en tant qu’acteurs et dépendants de l’économie arachidière de l’éclatement de la Crise en 1929 à l’Indépendance du Sénégal en 1960
La première période de la première partie (1819-1885) aborde les premières expériences de colonisation agricole consécutives à l’abolition de la traite négrière. La France essaie d’expérimenter des plantes tropicales étrangères dans le Walo en 1819 car elle est sevrée des produits agricoles que lui offraient ses colonies d’Amérique. Sa situation économique est d’autant plus critique que le commerce de la gomme, à lui seul, ne pouvait pas compenser les énormes profits qu’offrait le commerce des esclaves. En plus, avec l’industrie naissante, ses besoins en produits agricoles tropicaux augmentent alors que l’Amérique n’en livre plus.