Mise en défens et techniques agroforestières au Sine Saloum (Sénégal). Effets sur la conservation de l’eau, du sol et sur la production primaire.
Le programme pluridisciplinaire de « Gestion des Ressources Naturelles au Sine Saloum» conduit conjointement par l’ISRA, le CIRAD et l’ORSTOM a révélé la
fragilité du milieu naturel des terroirs villageois de la communauté rurale de Thyssé Kaymor,à trente kilomètres de Nioro du Rip au sud du Sine Saloum (Sénégal).
La conjonction d’une sécheresse sans précédent et d’une expansion démographique a entraîné un déboisement massif d’un plateau cuirassé et déclenché un ruissellement généralisé qui détruit progressivement les terres arables en aval. Dans ce contexte défavorable, la stabilisation de l’érosion hydrique à travers une maîtrise du ruissellement au niveau des hauts de versants, par la reconstitution des couverts végétaux naturels et par des microbarrages perméables, représente un objectif essentiel pour la conservation de l’eau et des sols dans la zone sud du Sine Saloum. On s’intéresse ici aux effets des aménagements conservatoires sur la structure et le fonctionnement du milieu à l’échelle intégré de bassins versants du terroir villageois de Keur Dianko- Sonkorong. Trois techniques d’aménagement ont été testées en fonction des contraintes biophysiques et socio-économiques du milieu. Il s’agit d’une mise en défens sur les hauts de versants du plateau résiduel, d’un cordon pierreux en contrebas de l’affleurement cuirassé et d’un maillage de l’espace cultivé à l’aide de haies vives isophypses. Les résultats obtenus montrent la possibilité d’intervenir efficacement sur les principaux facteurs de dégradation, en améliorant la structure du milieu et son fonctionnement. Parmi tous les enseignements, on retient que: L’évolution de la strate ligneuse s’est traduite par une augmentation de 50% du nombre d’espèces, par une multiplication par deux ou plus de la densité du peuplement. La phytomasse aérienne herbacée est 1.5 à 3 fois supérieure à celle des parcelles témoins.