Etude du rôle des intégrons dans la multirésistance aux antibiotiques des bactéries entéropathogènes isolées en Afrique sub-saharienne
La découverte des antibiotiques a été l’une des avancées thérapeutiques les plus importantes du vingtième siècle; leur utilisation a réduit de façon considérable le taux de morbidité et de mortalité lié aux maladies infectieuses, mais elle a été à l’origine d’une forte antibiorésistance touchant de plus en plus d’espèces et un nombre d’antibiotiques de plus en plus grand. Avec plus de 250 antibiotiques systémiques disponibles, on a pu croire que la lutte contre les maladies infectieuses n’était plus qu’un problème de choix de la bonne molécule; à l’évidence c’était la fin du « miracle »; l’idée d’éradication n’était qu’un mythe dangereux; les maladies infectieuses font aujourd’hui un retour en force. Selon les données de l’OMS, en 1998, les maladies infectieuses ont été la cause de 25% des décès dans le monde entier. Dans les pays en voie de développement, 50% des décès sont imputables aux maladies infectieuses (60% chez les enfants de 0 à 4 ans). Les diarrhées infectieuses occupent la troisième place après les infections respiratoires aiguës et le syndrome de l’immunodéficience acquise (OMS 1999). Chez les sujets infectés par le virus de l’immunodéficience humaine, la diarrhée est au second rang des infections opportunistes; elle est quasi constante au stade SIDA avéré où elle devient invalidante avec un grand impact sur la qualité de vie des patients.